Texte à méditer : Avant de dire qu’il ya de la grandeur dans un peuple, il faut attendre qu’il ait subi l’épreuve de l’adversité. Pour les nations comme pour les individus le véritable héroïsme consiste dans le sacrifice de soi. (Notes inédites de Paoli). Pascale Paoli
Le Révèrent Père Tommaso ALFONSI (Moncale 1863 – Bologna 1947), dit U Babbuziu,
a dédié un poème au COUVENT de CORBARA
qui fût publié dans l’hebdomadaire A Muvra du 1er octobre 1929 :
U Cunventu di Corbara
Biancu cume i so frati, u piu cunventu
Fideghia cun trent'occhj, quajò, u mare
Furiosu, mugghiente, viulentu,
E pare di : Chi tipu singulare !...
'Rentu a mo sulitidine sirena,
L'omi sponenu, alegri, ogni timore;
Ma prima di cullà nantu a so schena
Arricumandan' l'anima a u Signore.
Mugghia puru, o mugghiò, ch'a mè u to mugghiu
Un disturba nè a pace nè a prighera,
Nè quantu fraji i scogli in mezzu a u bugghiu,
Nè quandu u sole indora a to scugliera.
Chi voci pie chiucchiuleghianu intornu
A stu rimitu jancu !...A terra, i monti
Preganu, inde e so lingue, notte e ghiornu :
Preganu e teghie, e piante, l'erbe, e fonti.
Qui regna a santità : A cima (un Calvariu),
Sant'Agnulu : - quallà, Sant'Antulinu-
In bassu, u Laziu, augustu santuariu
Di a Vergine, eppò u Tevaru vicinu.
Qui Martinu Didon, da un fatu tristu
Sframbulatu, truvò un core ospitale,
E custruì in silenziu a GesùCristu
U so gran munumentu triunfale.
O jorni belli di a m'adolescenza,
Da Diu surrisa inde st'aggrondu amicu,
Ojorni antichi, a mo ricunnuscenza
Vi torna novi : ed e' vi binadicu !
E binadicu a te, same sbandatu
D'ape fedeli, tornu a l'arnia cara
Per impastabbi, mele prilibatu,
Dulcezza santa di sta vita amara.
Blanc comme ses moines, le pieux couvent
Contemple de ses trente yeux, la mer tout en bas,
Furieuse, rugissante, violente
Et semble se dire : Quel bien singulier personnage !...
En ma sereine solitude,
Les hommes, heureux se déchargent de leur crainte
Alors qu'avant de s'aventurer sur l'échine océane,
Ils recommandent leur âme au Seigneur.
Tu peux toujours gronder, o grondeuse, mais ton grondement
Ne perturbe ma paix ni ma prière
Ni quand tu déferles dans la nuit noire contre les rochers
Ni même quand le soleil dore tes récifs.
Car de pieuses voix chuchotent tout autour
Du blanc ermite !... Le sol, les monts
Prient, nuit et jour, chacun dans sa langue :
Prient les dalles de pierre, les plantes, les herbes et les sources.
Ici règne la sainteté : Tout en haut (un Calvaire)
Sant' Anghjulu : - plus loin, Sant' Antuninu -
En bas, le Laziu, auguste sanctuaire
Dédié à la Vierge, et puis le Tevaru tout près.
Ici, Martin Didon, par un triste sort
Frappé, trouva un coeur hospitalier,
Et, en ce silence, bâtit à Jésus Christ,
Sa grande oeuvre triomphale.
O si beaux jours de mon adolescence,
Sourire de Dieu dans cet amical abri,
O jours anciens, ma reconnaissance
Vous rajeunit : et je vous bénis !
Et je te bénis, toi, essaim égaré
D'abeilles fidèles. Je retourne à la ruche chérie
Pour vous préparer, miel exquis,
La sainte douceur de cette vie amère.
(Trad.de Jean-Claude CALASSI - Extrait de la chronique de Jean-Pierre POLI sur « Les Ecclésiastiques rédacteurs de A Muvra » publiée sur le site de l’Accademia Corsa)
Date de création : 29/10/2009 - 18:52
Dernière modification : 29/10/2009 - 18:53
Catégorie : Poèmes Page lue 1725 fois