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SOURCE/ http://www.tarrano-bonicardo.com
BANDITS CORSES
ROMANETTI
(1884-1926)
Nonce Romanetti est né à Calcatoggio. En 1899, un jour d'élection, comme cela arrivait souvent
au cours de ces journées enflammées, une bagarre éclate sur la place du village et Romanetti
blesse d'un coup de stylet son adversaire. Cette première affaire lui vaut d'être arrêté et
condamné à 10 mois de prison. Il a juste 15 ans.
En 1904, il blesse à nouveau d'un coup de stylet un habitant de Calcatoggio, ainsi que son
épouse qui tentait de s'interposer, parce qu'il avait manqué à sa parole électorale. De nouveau
arrêté et condamné, après avoir purgé 3 ans de prison à Nîmes, il revient au village en 1913.
Une affaire pour vol, dont il est, semble-t-il, injustement accusé, lui vaut une nouvelle
condamnation à 5 ans de prison et 5 ans d'interdiction de séjour. Mais Romanetti, qui a pris le
maquis, avec la ferme intention de se venger, est condamné par contumace. Quelques mois
plus tard, en janvier 1914, alors que Giulio-CesareCarbuccia, l'homme qui l'a fait condamner, se
rend à la messe au col de San-Bastiano, près du village où l'on célèbre la fête patronale, le
bandit, caché derrière un fourré, l'abat d'une balle en plaine tête. Désormais, dans l' épaisse
végétation qui entoure le Cruzinu, Romanetti organise sa vie. Beau garçon, il cumule les
aventures amoureuses et prend souvent des risques inconsidérés que les gendarmes,
connaissant sa faiblesse, tentent en vain d'exploiter.
Au cours de cette même année, il ne répond pas à l'ordre de mobilisation et entreprend le
commerce en gros de la viande de boucherie. Il signe un contrat avec la firme Roquefort pour
l'approvisionnement des fromageries.
Devenu riche, il s'offre une escorte de protecteurs qui surveillent pour lui le maquis et troque
son cheval contre l'automobile qui vient de faire son apparition sur les routes de Corse.
En 1919, le mariage de sa fille avec Marc Aurèle Mancini, célébré au maquis, est l'objet de
fastueuses réjouissances qui lui permettent d'asseoir sa notoriété. Respecté de tous, il est
appelé à exercer son influence comme paceru aux sein des familles dans la discorde ou
pendant les campagnes électorales comme celle de 1920 à laquelle il prit une part active. En
effet, la politique va occuper une place très importante dans la vie du bandit; si dévorante qu'il
finira par en mourir.
En mai 1922, lors de sa venue en Corse, Alexandre Millerand, Président de la République, serre
la main de Romanetti qui fait partie du cortège des maires reçus à Evisa. En 1923, il soutient le
riche industriel François Coty, originaire d'Ajaccio, qui est venu lui demander la permission de
se présenter aux élections sénatoriales. Adulé des femmes, courtisé par les hommes désireux
d'obtenir ses grâces, il mène le train de vie d'un prince: On le voit partout aux meilleures tables,
distribuant avec largesse de généreux pourboires.
Sûr de son invincibilité, il s'installe au golfe de Lava avec Madeleine Mancini. Régulièrement
informé des opérations de gendarmerie, il parvient systématiquement à fuir pour éviter
l'affrontement.
Lors d'un entretien avec un journaliste il lui déclara ceci: "Dites bien à vos lecteurs que
Romanetti n'est ni un voleur, ni un lâche et que je n'ai jamais fait de tort à qui que ce soit... je
m'efforce même d'adoucir le sort de ceux qui ont faim en les aidant dans la mesure de mes
moyens. Je n'ai jamais tué que pour me défendre".
De la vallée de la Cinarca à la montagne de Vizzavona, Nonce Romanetti s'était autoproclamé roi
du maquis et on le surnommait "le bandit dandy". Il avait obtenu une notoriété qu'il cultivait par
les nombreuses réceptions accompagnées de musiques et de chants, qu'il organisait dans "son
palais vert". Des personnages illustres, qu'il recevait volontiers avec une mise en scène
calculée, se sont succédés à sa table et ont colporté sa renommée bien au-delà de l'hexagone.
Une nuit du 25 avril 1926, sur la route de Lava, il est victime d'une embuscade. Qui a criblé son
corps de balles de chevrotines ? Sûrement pas les gendarmes!. A l'apogée de sa gloire, sa vie
s'achève après 15 années passées dans un maquis doré. Plus de 5000 personnes suivront le
cortège de ses funérailles jusqu'à sa dernière demeure au cimetière communal de Calcatoggio
Date de création : 07/09/2008 - 21:36
Dernière modification : 21/12/2010 - 14:05
Catégorie : BANDITS CORSES
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